Première journée à Hué : entre sérénité et vie impériale


Petit déjeuner encore une fois très copieux. Nous prenons des forces avant de partir à la découverte de Hué, ancienne capitale impériale du Vietnam. Après les montagnes verdoyantes du nord et les paysages de la baie de Bai Tu Long, le changement d’ambiance est immédiat.

Nous déambulons dans les rues de la ville et longeons la célèbre rivière des Parfums.
Son nom poétique viendrait des fleurs et des plantes aromatiques autrefois transportées par ses eaux.
La balade est agréable et nous conduit jusqu’au marché Dong Ba, l’un des plus connus de Hué.

Sous les étals colorés se côtoient fruits exotiques, épices, vêtements, souvenirs et spécialités locales.

Comme souvent au Vietnam, l’activité est permanente et il faut parfois jouer des coudes pour se frayer un chemin dans les allées.

Autre bonne surprise : nous avons l’impression qu’il fait un peu moins chaud que dans le nord du pays. La température reste élevée, bien sûr, mais l’atmosphère semble légèrement plus respirable, ce qui rend les promenades urbaines plus agréables.

En début d’après-midi, nous visitons la pagode Thiên Mụ, aussi appelée pagode de la Dame Céleste.
Située sur une colline dominant la rivière des Parfums, elle est l’un des symboles de la ville. Son élégante tour octogonale de sept étages est visible de loin et contribue à son charme.
Le site est vaste, particulièrement bien entretenu et dégage une atmosphère paisible.
Après l’agitation du marché, cette parenthèse de calme est appréciée par toute la famille.
Nous prenons le temps de nous promener dans les jardins, d’observer les différents temples et de profiter de l’ombre offerte par les arbres centenaires.

Nous poursuivons notre découverte de Hué par la visite de l’église du Rédempteur, également connue sous le nom de paroisse Notre-Dame du Perpétuel Secours.
Dès notre arrivée, une imposante statue blanche du Christ accueille les visiteurs, les bras ouverts.
L’édifice présente une architecture originale mêlant influences occidentales et traditions locales. Les lignes gothiques rappellent les grandes églises européennes, tandis que certains détails s’intègrent harmonieusement au paysage vietnamien.
Dans un pays que l’on associe souvent au bouddhisme et aux pagodes, cette visite nous rappelle la diversité culturelle et religieuse du Vietnam.

Nous poursuivons ensuite vers la cathédrale de Phu Cam, l’un des édifices religieux les plus emblématiques de Hué.
Son architecture tranche radicalement avec celle des monuments plus anciens découverts jusqu’à présent.
Sa construction débuta en 1963 avant d’être achevée plusieurs décennies plus tard, en 2000.
La façade courbée évoque les pages ouvertes d’une Bible, tandis que l’intérieur, baigné de lumière naturelle, rappelle selon certains observateurs des mains jointes pour la prière.
L’ensemble est à la fois moderne et épuré, loin des ornements chargés que nous avions imaginés.
Le contraste avec les pagodes visitées plus tôt dans la journée est saisissant et témoigne de la richesse du patrimoine architectural de la ville.

À l’intérieur, l’atmosphère est particulièrement calme. Quelques fidèles viennent se recueillir tandis que les visiteurs admirent les lignes élégantes de l’édifice. Une fois encore, Hué nous surprend par la diversité de ses influences, héritées de son histoire impériale mais aussi des différentes cultures qui ont façonné la région au fil du temps.


La fin d’après-midi est consacrée à des activités plus reposantes.

Certains profitent de la piscine de l’hôtel pour se rafraîchir, d’autres se motivent pour une séance à la salle de sport.

Quant à moi, je m’attelle au blog qui commence à accumuler un peu de retard. Les journées vietnamiennes sont décidément bien remplies et il n’est pas toujours facile de trouver le temps de rédiger chaque soir !

À la tombée de la nuit, notre quartier change complètement d’ambiance. Les rues sont illuminées de milliers de lumières colorées. On se croirait presque à Noël.
Cette décoration est liée à la fête de Vu Lan, l’une des célébrations bouddhistes les plus importantes du pays, dédiée au respect des ancêtres et à la famille.
L’atmosphère est chaleureuse et festive, et les habitants semblent profiter pleinement de cette période particulière.

À 19h15, notre chauffeur nous attend devant l’hôtel pour nous conduire à une expérience que nous attendions avec curiosité : un dîner royal inspiré de la cour impériale de Hué.

À notre arrivée, une surprise nous attend. Nous pensions partager cette soirée avec de nombreux voyageurs, mais nous découvrons finalement que nous sommes les seuls convives. Pour nous accueillir : trois musiciens, deux chanteuses et un serveur. L’impression est assez étonnante et donne presque le sentiment de bénéficier d’un spectacle privé.

Afin de nous plonger dans l’ambiance, chacun revêt un costume traditionnel. Je me retrouve vêtu d’une tunique jaune réservée à l’empereur, tandis que Cath hérite d’une tenue rouge rappelant celle de l’impératrice, avec coiffe assortie. Les garçons endossent quant à eux leurs costumes de princes. Les éclats de rire ne tardent pas lorsque nous découvrons notre apparence impériale !

Le repas commence alors, accompagné de musique traditionnelle et de danses inspirées de celles de la cour des Nguyen.

Les plats s’enchaînent à une vitesse impressionnante : onze plats en moins d’une heure. À peine le temps d’admirer la présentation d’un plat qu’il laisse déjà sa place au suivant.
Une cadence qui nous rappelle certains repas du début du voyage.
La cuisine est raffinée et particulièrement soignée sur le plan visuel, certaines préparations ressemblant davantage à des œuvres d’art qu’à de simples plats.

Cette soirée originale constitue une belle introduction à l’histoire impériale de Hué. Entre les costumes, la musique, les danses et les nombreuses spécialités dégustées, nous avons l’impression d’avoir voyagé quelques siècles en arrière le temps d’un dîner.

Ayant portés les coiffes pendant plus d’une heure, nous commencions à les trouver bien lourdes, et encombrantes surtout lorsqu’il fallait se baisser pour ramasser sa serviette tombée au sol. Mais qu’ elle ne faut pas notre surprise en enlevant nos coiffes royales de découvrir le front meurtri du roi, et s’en suit un fou rire incontrôlable de la reine, fou rire contagieux à l’ensemble de la famille royale !

Après cette immersion inattendue dans la vie de cour, nous regagnons notre hôtel, impatients de découvrir le lendemain les autres trésors de cette ancienne capitale qui fut pendant plus d’un siècle le cœur du pouvoir vietnamien.

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