De bon matin, nous rejoignons l’aéroport de Da Nang pour un vol en direction de Hô Chi Minh-Ville. Après plusieurs jours passés dans le centre du Vietnam, nous découvrons une ville au visage totalement différent. Ici, tout semble plus grand, plus rapide et plus dense. Les scooters sont partout et la circulation paraît encore plus intense que dans les villes visitées jusqu’à présent.




L’après-midi est consacrée à la visite du musée des Vestiges de la Guerre, l’un des sites les plus visités du pays. Le musée retrace les événements de la guerre du Vietnam et de la guerre d’Indochine à travers une impressionnante collection de témoignages, d’objets historiques et de photographies.
À l’extérieur, nous découvrons avions de chasse, hélicoptères, chars d’assaut et autres équipements militaires. Plus loin, une reconstitution de plusieurs espaces de détention présente notamment les célèbres « cages à tigre » utilisées pour emprisonner certains détenus politiques. Une authentique guillotine française est également exposée, tout comme plusieurs cellules reconstituées.
À l’intérieur, plus de vingt mille documents, photographies et objets racontent l’histoire des conflits qui ont marqué le pays.
Certaines images sont particulièrement dures et explicites. Cette visite ne laisse personne indifférent et permet de mieux mesurer les épreuves traversées par le Vietnam au cours du XXe siècle.

Nous poursuivons ensuite notre découverte de la ville par le marché Ben Thanh. Comme souvent depuis le début de notre voyage, nous aimons nous perdre dans ces immenses marchés où se mêlent habitants, touristes, commerçants et vendeurs ambulants. Entre les tissus colorés, les souvenirs, les épices, les fruits exotiques et les odeurs de cuisine locale, l’endroit est un concentré de vie saïgonnaise.


Le soir, nous décidons de tester Bếp Mẹ Ỉn, une adresse recommandée par le Guide Michelin dont plusieurs voyageurs nous avaient vanté les mérites. À notre arrivée, la réputation du lieu se confirme immédiatement : le restaurant affiche complet. Heureusement, une table est disponible… à 21 heures. Il nous reste environ quarante-cinq minutes à patienter.
Loin de nous décourager, cette attente devient finalement une excellente excuse pour poursuivre notre découverte de Saïgon. Nous repartons donc à pied dans les rues alentour. À la nuit tombée, la ville change complètement de visage. Les immeubles modernes illuminent le ciel, les enseignes lumineuses se reflètent dans les vitrines et les flots ininterrompus de scooters dessinent de véritables rubans de lumière dans les avenues. L’ambiance est radicalement différente de celle observée en journée et offre de superbes opportunités photographiques.
À l’heure prévue, nous retrouvons notre table chez Bếp Mẹ Ỉn. L’attente en valait largement la peine.
Dans une ambiance animée et conviviale, nous dégustons plusieurs spécialités vietnamiennes préparées avec soin.
Les plats à partager s’enchaînent, mêlant herbes fraîches, légumes croquants, viandes marinées et saveurs parfumées.
Après plusieurs semaines passées au Vietnam, nous commençons à avoir quelques points de comparaison, et cette adresse mérite clairement sa réputation.
Une excellente façon de terminer cette journée saïgonnaise.



Le lendemain matin, après un excellent petit déjeuner, probablement l’un des meilleurs depuis notre arrivée au Vietnam, nous repartons à la découverte de la ville.




Notre première étape nous conduit au palais de l’Indépendance, également appelé palais de la Réunification.
Ce monument historique majeur est resté figé dans le temps depuis le 30 avril 1975, date à laquelle les chars nord-vietnamiens ont franchi ses grilles, marquant la fin de la guerre du Vietnam.
Nous commençons la visite par les jardins qui entourent le bâtiment.
Les deux chars historiques exposés devant l’entrée principale permettent immédiatement de replonger dans cette période de l’histoire.

À l’intérieur, nous découvrons plus d’une centaine de pièces réparties sur plusieurs niveaux. Les salles d’apparat et de réception occupent les premiers étages tandis que les appartements présidentiels, les bureaux du président et du vice-président ainsi que la salle du Conseil de sécurité nationale témoignent du fonctionnement quotidien du pouvoir à l’époque.
Sur le toit, un hélicoptère américain est stationné à proximité de l’ancienne piste d’atterrissage.




La visite se termine dans les sous-sols du bâtiment où se trouve un impressionnant bunker. Réseau de couloirs, salles de commandement, cartes militaires et équipements de communication d’origine donnent l’impression d’entrer dans un véritable centre opérationnel figé depuis plusieurs décennies.




Une remarque s’impose alors à toute la famille : après ces deux visites historiques, nous regrettons presque de ne pas avoir été plus assidus lors de certains cours d’histoire !
Nous poursuivons ensuite notre balade vers le bureau de poste central de Saïgon, l’un des monuments les plus emblématiques de la ville.
Son architecture mélange élégamment influences européennes et décorations asiatiques.
Ce qui surprend le plus reste sans doute qu’il continue aujourd’hui encore à remplir sa fonction première : il s’agit toujours d’un véritable bureau de poste en activité.





Juste en face se trouve la célèbre cathédrale Notre-Dame de Saïgon. Construite entre 1877 et 1880 par les colons français, elle demeure l’un des symboles de la présence française dans l’ancienne Cochinchine. Malheureusement, elle est toujours entourée d’échafaudages. Les travaux de rénovation et de consolidation se poursuivent depuis plusieurs années et sont encore en cours lors de notre passage.


Nous empruntons ensuite la rue des Libraires, agréable artère piétonne bordée de nombreuses librairies, pour rejoindre l’Opéra de Saïgon. Inauguré au tout début du XXe siècle, son architecture s’inspire directement du style Beaux-Arts français et rappelle certains bâtiments parisiens de la même époque. Une nouvelle fois, les influences françaises sont omniprésentes dans le paysage urbain.

Après cette riche matinée, nous regagnons l’hôtel afin de préparer nos valises.
Le timing est parfait : quelques minutes plus tard, d’impressionnantes trombes d’eau s’abattent sur la ville. Les habitants semblent à peine y prêter attention tant ces averses font partie du quotidien.
Dans l’après-midi, nous prenons la route vers Mui Ne, station balnéaire où nous terminerons notre voyage.
Quitter Hô Chi Minh-Ville n’est pas une mince affaire. Les embouteillages sont impressionnants et les files ininterrompues de scooters, voitures et camions semblent s’étendre à perte de vue. Pendant de longs kilomètres, la ville paraît ne jamais vouloir se terminer. Puis, petit à petit, les immeubles se font plus rares, les routes s’élargissent et les paysages changent progressivement. Les quartiers densément urbanisés laissent place à des zones plus résidentielles puis rurales, annonçant notre arrivée vers des régions plus paisibles.

En quittant progressivement les zones urbaines, mon regard est attiré par d’immenses alignements d’arbres couvrant parfois des collines entières. Leur aspect régulier et les marques visibles sur certains troncs me rappellent immédiatement notre visite de l’atelier de laque à proximité de Hanoï.
Pendant plusieurs kilomètres, je suis persuadé d’observer les arbres dont est extraite la précieuse résine utilisée dans l’artisanat traditionnel vietnamien.
Après quelques recherches, il semble qu’une grande partie de ces plantations soit en réalité constituée d’hévéas destinés à la production de caoutchouc.
Quoi qu’il en soit, ces immenses forêts parfaitement alignées donnent au paysage une physionomie très particulière que nous n’avions encore jamais rencontrée depuis notre arrivée au Vietnam.
Le trajet s’effectue sous une pluie parfois intense. Les paysages défilent derrière les vitres tandis que l’on mesure doucement que l’aventure touche à sa fin.
Nous observons avec curiosité les fameuses maisons vietnamiennes, très étroites en façade mais s’étendant souvent en profondeur sur plusieurs niveaux.
Cette architecture particulière, surnommée « maison-tube », trouve son origine dans un ancien système de taxation basé sur la largeur de la façade donnant sur la rue.
Les habitations ont donc été construites plus hautes et plus profondes que larges.
Cela explique également pourquoi elles possèdent rarement des fenêtres sur les côtés, les bâtiments étant généralement accolés les uns aux autres.

Nous arrivons finalement à notre hôtel de nuit, sous une pluie battante. Le contraste est saisissant : après plusieurs semaines passées à guetter l’ombre et à chercher un peu de fraîcheur, nous terminons cette étape du voyage accompagnés par les premières vraies intempéries rencontrées depuis notre arrivée au Vietnam.

Le lendemain matin, nous découvrons enfin notre hôtel en bord de mer. Malgré les nuages encore présents, l’océan s’étend à perte de vue. Après les montagnes du nord, les cités historiques du centre et l’effervescence de Saïgon, le rythme change soudainement. Les derniers jours du voyage s’annoncent placés sous le signe de la détente.



